Aller au contenu

Trophée Ernst & Young

Dix huit équipes de quatre joueurs étaient sur la ligne de départ avec pour ambition de remporter l’édition 2012 du Trophée Ernst & Young, dit Trophée des Grandes Écoles, et pour les 8 premières d’entre elles, affronter à la fin de la compétition un Grand-Maître. Telecom Bretagne composé de 4 joueurs dont 3 évoluant à Brest (TODORAN Ion-George 2168, MOHAMED Mehdi Aithmido 2165, VIALATTE Jean-Charles 2078 ) ont terminé 2 ème de la compétition en nullant contre les premiers. Mais ils se sont ensuite vengés en remportant la seule victoire de la simultanée face à … ARONIAN 2825 !! combien ? 2825.. ah ouais quand même..

La Partie !!

Extrait du résumé d’André Guillou joueur :
-http://uste-echecs.over-blog.fr-

«  Début de la simultanée. Aronian joue une ouverture différente sur chaque échiquier, et ne réfléchit pas plus de 2 secondes à chaque fois pendant la première demi-heure. Il semble très confiant, mais pas trop confiant non plus. Il joue très positionnel une fois le moindre avantage acquis dans l’ouverture. Il nous dira après la simultanée qu’il préfère éviter les suites trop tactiques contre plusieurs joueurs en concertation alors qu’il a peu de temps à consacrer à la partie.

Trophée Ernst & Young 1

L’Equipe de Telecom Bretagne

Au bout d’une heure, le sort de 3 parties est déjà décidé : Aronian joue des coups « de massage » comme disait le commentateur pour préparer sa finale déjà gagnante, alors que ses adversaires n’ont simplement aucun bon coup. 4 autres parties sont serrées, et une partie sort du lot. Aronian avait lancé une violente attaque sur l’aile roi, en jouant un coup thématique ou il laisse un pion en prise. Mais il joue une nouveauté, à laquelle ses adversaires répondent très bien. Aronian avoue plus tard avoir largement sous-estimé leur jeu et en avoir payé le prix fort, car il a une position clairement inférieure au 18e coup.

Trophée Ernst & Young 2

Les Blancs souffrent et sentent la pression au 18 ème sur g2

Dès lors, tout se joue sur cet échiquier, car s’il passe trop de temps à se rattraper dessus, il risque de perdre en précision sur les autres parties, et tout le monde l’attend au tournant. Sans coup férir, il n’a absolument rien concédé aux autres échiquiers, et s’est contenté de jouer pour la nulle sur sa partie perdante. Télécom Bretagne ne l’entend pas de cette oreille et joue tout pour le gain (après 2 répétitions de positions, pour « voir les intentions d’Aronian » diront-ils à la caméra) et l’obtiennent magistralement, en trouvant des coups que les commentateurs (2400 elo) ne trouvaient pas tout le temps. Les autres parties se terminent sans réelle surprise, Aronian joue précis dans ses finales et gagne.

Bilan : 7 victoires, 1 défaites. Toujours pas le 8-0

Pendant l’interview post-match, Aronian félicite l’équipe de Telecom Bretagne pour la précision de leur jeu, et avoue avoir été impressionné par leur volonté de gagner à tout prix, malgré la position tranchante et toutes les variantes annulantes qu’Aronian leur proposait. Il parlait du « feu dans leurs yeux ». Il félicite également une autre équipe qui l’aurait convaincu de ne pas jouer une des nouveautés qu’il avait étudié. Il nous raconte pas mal d’anecdotes sur ses parties, par exemple sur une des 8 parties, il y en avait une ou il ne voulait jamais revenir, car son fou noir ne pouvait simplement pas jouer. Il demande en riant si l’équipe en consultation calculait vraiment toutes les variantes pour l’empêcher de jouer l’harmonie de la position, ils répondent que comme ils n’avaient pas de plan valable dans la position, ils ont essayé de l’empêcher de jouer … éclats de rires « 

photos : http://www.chessbase.com/newsdetail.asp?newsid=8219